LE FPI S’EXPRIME SUR LA RENTREE SCOLAIRE ET LES FRAIS D’INSCRIPTIONS

LE FPI S’EXPRIME SUR LA RENTREE SCOLAIRE ET LES FRAIS D’INSCRIPTIONS

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Depuis la gestion de la Nouvelle administration de l’Ecole Ivoirienne avec à la tête du secteur de l’Education Nationale Mme CANDIA CAMARA, les frais d’inscriptions ont connu une augmentation très significative au grand désespoir des parents d’élèves.

En effet, malgré la grande pauvreté des populations, aucun effort n’est fait par l’Etat pour amoindrir les frais scolaires.L’année scolaire commence désormais par les inscriptions  en ligne et se poursuitdans les établissements scolaires secondaires par des inscriptions physiques.

Cette année 2016-2017, le Directeur de cabinet du ministre de l’Education Nationale, qui a annoncé l’ouverture des inscription en ligne, a aussirappeléles tarifs qui sont de 3.000 FCFA pour  le privé et 6.000 FCFA pour le public.

Puis suivent les inscriptions dans les établissements scolaires publics et privés dont les tarifs varient d’un établissement à l’autre.

Ainsi dans les établissements publics, les parents payent en plus des frais d’inscription en ligne, un montant minimum de frais d’inscription de 10 000 F.

Soit un total cumulé de frais d’inscriptions en ligne et en établissement dans le public d’environ16 000 F au lieu de seulement 6 000 F avant l’ère CANDIA CAMARA.

Dans les établissements privés, le montant minimum à payer par les parents est d’environ 40 000 F. cependant, selon l’établissement privé, les frais d’inscription peuvent atteindre plus de 100 000 F.

Le montant minimum cumulé des frais d’inscription en ligne et en établissement dans le privé,tourne autour de 43 000 F ; ces frais peuvent dépasser allègrement les 100 000 F dans certains établissements.

Pourtant, par nécessité et par devoir,l’Etat affecte les élèves dans tous les établissements privés agréés,sans respecter les vœux des parents dans la majorité des cas.

La conséquence directe de cette situation est que certains parents, surpris par ces frais d’inscriptions exorbitants, aussi bien dans le public que dans le privé, choisissent malgré eux, d’interrompre le cursus scolaire de leurs enfants.

Cependant, l’école est devenue, officiellement obligatoire, suite au décret pris en juillet dernier par le Chef de l’Etat.

Avec ces frais d’inscriptions multiples et si élevés pour l’Ivoirien moyen, comment l’Etat peut-il appliquer le décret sur l’école obligatoire !

Les parents sont d’autant plus inquiets que leporte-parole du gouvernement, lisant un communiqué à l’issue du Conseil des ministres du mercredi 29 juillet 2016 avait déclaré notamment et je cite :

« Les parents qui violent la présente loi qui impose la scolarisation obligatoire, ces parents malheureusement pourront subir une peine de prison de 2 à 6 mois et une amende » pouvant aller jusqu’à 500.000 F CFA (762 euros) ou « l’une ou l’autre de ces deux peines seulement ».

Pour notre part, nous disons que sans l’effectivité de la gratuité de l’école, l’Etat ne pourra en aucun cas sanctionner des parents,du fait de leur état de paupérisation de plus en plus accrue qui ne leur permet pas de payer des frais annexes de scolarisation de plus en plus élevésde leurs enfants.

Il faut donc de manière urgente, réunir les conditions d’une école obligatoire dont la gratuité reste la première condition à remplir  et englobe notamment : la libéralisation maîtrisée de l’uniforme, le donde toutes les fournitures scolaires y compris les manuels scolaires jusqu’en 3ème, la prise en charge de certains élèves surtout des jeunes filles  sous diverses formes, la généralisation des cantines scolaires, etc.

Madame la Ministre de l’Education Nationale, avec vos divers frais d’inscriptions exorbitants (en ligne et en établissement)  vous êtes la première à boycotter vous-même, la loi sur l’école obligatoire.

D’après l’ONU, le taux d’alphabétisation est de 56,9% pour les adultes ivoiriens, contre 67,5% pour les jeunes, des chiffres relativement faibles pour un pays qui se veut leader en Afrique de l’ouest francophone. La Côte d’Ivoire est classée 171e sur 187 États en terme d’Indice de développement humain par l’ONU. (Source Jeune Afrique avec AFP 30 juillet 2015).

Booster l’éducation de base, est donc une priorité pour notre pays. De ce fait, la politique de scolarisation obligatoire (PSO) ne doit pas rester un vain slogan comme c’est le cas aujourd’hui !

Il est véritablement nécessaire et urgent d’aider les parents à scolariser leurs enfants,en supprimant purement et simplement tous les frais d’inscriptions qui constituent des freins à une éducation de masse.

 

LES COURS DU MERCREDI MATIN

En pleine rentrée scolaire, la Ministre de l’Education Nationale, Madame KANDIA CAMARA décide que les enseignements se feront aussi les mercredis matin, ce qui amène les élèves et leurs Maîtres du primaire à faire cours pendant 4jours et demi dans la semaine au lieu de 4 jours.

Pour rappel, avant que le Président OUATTARA, alors Premier Ministre de Côte d’Ivoire, ne changel’organisation scolaire au primaire, les enseignants et leurs élèves travaillaient déjà pendant 4 jours et demi (lundi, mardi, mercredi, vendredi et le samedi matin).

La décision de faire les cours les mercredis  n’est donc pas une nouveauté chez nous en Côte d’Ivoire! La question légitime des Ivoiriens est de savoir pourquoi ces « va et vient »?

La raison avancée dans la reprise des cours du mercredi matin, est d’améliorer la qualité de l’enseignement (cf. discours du MEN)!

Certes, depuis les années 2000, les organisations internationales prônent à la fois la généralisation de l’éducation de base et l’amélioration de la qualité de l’éducation dans les pays du Sud. Dans ce cadre, plusieurs pistes d’amélioration de la qualité, dont le temps scolaire annuel, ont été explorées. La norme de 850 à 1 000 heures de cours effectives par an a été retenue par les instances internationales comme la durée minimale nécessaire pour atteindre une éducation de qualité.

Le temps scolaire annuel dans notre pays la Côte d’Ivoire avoisinait les 860 heures d’enseignement effectif. Nous étions donc dans les normes !

Selon Madame la Ministre de l’Education Nationale et je cite, « avec les 33 semaines de cours programmées cette année et les cours le mercredi matin, nous aurons 990 heures de cours. Cela est une avancée certes, mais encore un peu en deçà du minimum mondial et sous régional » (fin de citation).

 Madame la première Responsable de l’Education devrait savoir que l’augmentation du nombre d’heures d’enseignement ne constitue pas en elle seule une avancée ; surcharger les enseignants et par la même occasion, les touts petits élèves du primaire, n’est pas un critère de qualité de l’enseignement! Tout dépend du contenu du quantum horaire.

 

En effet il a été démontré, que les pays qui prescrivent le plus d’heures d’enseignement dans leur système éducatif ne sont pas forcément ceux qui ont les meilleurs résultats en termes de qualité de l’enseignement.

Il est bon de savoir que :

(1)-Le temps d’enseignementannuel encore appelé temps scolaireannuel correspond au nombre annuel d’heures de cours qu’un enseignant travaillant à temps plein donne à un groupe ou à une classe d’élèves.

(2)-Le temps de travailannuel correspond au nombre d’heures de travail normal d’un enseignant exerçant à temps plein ; ce temps comprend les heures directement consacrées à l’enseignement (que nous appelons temps d’enseignement ou temps scolaire) et celles consacrées à d’autres activités liées à l’enseignement, telles que la préparation des cours, l’orientation des élèves, la correction des devoirs et des contrôles, les réunions avec les parents et les autres membres du personnel (enseignant ou autre).

Dans les pays dits développés, tous ces temps sont évalués et constituent le temps de travail de l’Enseignant.

Le temps scolaire ou temps d’enseignement est donc différent du temps de travail dont nous parle Madame la Ministre sous le vocable de « Quantum horaire ».

Pris dans son sens réel, le quantum horaire de la Pologne est certes de 1 000 heures (exemple pris dans le Discours du MEN) mais le temps d’enseignement en Pologne ne dépasse pas 600 heures dans l’année ; le quantum horaire de la France serait de 1800 heures sur 36 semaines ; il est bon de préciser que dans les pays de l’OCDE (Pays développés) en général, les enseignants donnent en moyenne 779 heures de cours effectifs par an dans les établissements publics d’enseignement primaire, y compris en France.

Le quantum horaire pris dans le sens que lui donne Madame la Ministre, n’a rien à voir avec le temps d’enseignement effectif. Il serait intellectuellement honnête de comparer ce qui est comparable !

Exemples :au Danemark notamment, les enseignants exercent durant 42 semaines par an dans l’enseignement primaire, tandis qu’en Islande ils exercent durant seulement 35 à 36 semaines par an ; cependant, le nombre d’heures d’enseignement annuel effectif des enseignants est plus élevé en Islande (avec 36 semaines) qu’au Danemark (avec 42 semaines) car l’aération du temps de travail est aussi un critère de qualité de l’enseignement.

En Côte d’Ivoire, il est souhaitable que le quantum horaire hebdomadaire aujourd’hui de 990 heures (cf. discours MEN), prenne en compte non seulement les enseignements en cours collectif mais aussi  l’aide individualisée, le travail en équipes pédagogiques, les relations avec les parents d’élèves, les réunions en conseils d’école etc.

Cela permettrait à l’enseignant de mieux exercer ce que nous appelons le travail « invisible » qui comprend notamment le travail de préparation de cours et de correction des devoirs et des contrôles, qui n’est pas pris en compte dans le service réglementaire, et qui constitue pourtant l’essentiel de son travail.

Certes, « organiser des activités de soutien scolaire en faveur des élèves en difficultés d’apprentissage » est un des nombreux points du discours de Madame la Ministre.

Mais comme nous le savons tous, ce point constitue juste un effet d’annonce comme tous les autres d’ailleurs ! Car les vraies réformes sont décidées,planifiées et budgétisées, aprèsune large concertation intégrant les experts du secteur et toutes les parties concernées. La mise en œuvre de la réforme n’intervient que quand les conditions minimales sont réunies!

Le constat  sur le terrain en cette rentrée scolaire 2016-2017, est qu’aucun effort supplémentaire n’est fait pour améliorer les conditions de travail des élèves et des enseignants ! Comme d’habitude, aucun outil pédagogique n’est fourni aux responsables de l’éducation pour amorcer la rentrée ! Les Directeurs d’école seront encore obligés de se « débrouiller » en faisant appel aux parents d’élèves pour pouvoir se procurer le minimum de matériels pédagogiques de départ !

Madame la Ministre, nous vous exhortons à arrêter de camoufler vos incapacités diverses notamment celle d’enrayer le phénomène des cours de renforcement des mercredis pratiqués dans presque tous les établissements publics de notre pays et ce, malgré vos interdictions formelles de ces cours.

En cette période de rentrée scolaire, et vu l’état de notre système éducatif, toute action ou décision majeure doit imposer une démarche inclusive, seule gage de préservation de la paix et de la réussite dont nous avons tant besoin.

 Prof. Hortense ESSIS-TOME

Secrétaire Générale Adjointe (SGA) du FPI

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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