Élections 2018- Les partis politiques d’opposition déterminés à exiger la réforme de la CEI, un modèle proposé

Edité par

17 politiques partis d’opposition de Côte d’Ivoire, ont pondu un communiqué pour demander au gouvernement d’engager les réformes pour une Commission Électorale Indépendante (CEI), plus équilibrée. La rencontre a eu lieu au siège du Rassemblement pour la Paix, le Progrès et le Partage (RPP) à Abidjan Cocody, ce jeudi 15 février.

Les partis d’opposition demandent au gouvernement ivoirien, de se conformer à l’Arrêté de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, rendu le 18 novembre 2016. Cette dernière, enjoint l’État de Côte d’Ivoire de reformer la Commission Électorale Indépendante (CEI), sur demande des organisations de la société civile ivoirienne. L’opposition a donc saisi l’opportunité pour se prononcer dans un communiqué, par la voix du professeur Hyacinthe Nogbou, président du COJEP sur la question.

« Aujourd’hui, l’arrêt de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples nous donne une nouvelle opportunité pour avoir une CEI consensuelle entre la Société civile, les Partis Politiques d’une part et d’une autre part l’État de Côte d’Ivoire. Une telle CEI nous mettra sans aucun doute sur le chemin de la démocratisation véritable de notre pays. Notons à ce niveau, que seule la démocratie nous permettra d’aller au développement durable pour le bonheur des Ivoiriens. Nous nous appuyons sur la posture d’obligation d’exécution de cet arrêt qui est faite à l’État de Côte pour espérer en son application et sortir des mauvaises tenues des élections afin d’éviter les conséquences désastreuses que nous livre la Côte d’Ivoire depuis bientôt une décennie» a t-il déclaré.

Les opposants au régime actuel, réclament dans leur démarche, « plus de démocratisation et d’équité, à travers une nouvelle composition de la CEI ». Pascal Affi N’Guessan, président statutaire du Front Populaire Ivoirien (FPI), est allé plus loin, en proposant un modèle de composition de l’organe chargé des élections en Côte d’Ivoire.

« Nous avons proposé un modèle qui peut être amélioré mais qui en notre sens, donnera plus de crédibilité à la CEI. Nous proposons une Commission avec 13 membres. 3 du parti au pouvoir, 3 de l’opposition et 7 de la société civile. Nous estimons que pour une meilleure impartialité, le parti au pouvoir candidat aux élections, ne peut être majoritaire dans un organe, censé refléter le choix de tous les ivoiriens » a t-il signifié.

Dans cette logique, les partis politiques d’opposition, demandent à l’État de Côte d’Ivoire de se conformer à la décision de la Cour, sinon tous les scrutins organisés par la CEI, seront frappés « d’illégalité totale». Sur la réaction de cette coalition, dans le cas où le gouvernement poursuivrait dans son refus de respecter l’Arrêté, le RPP et ses hôtes, disent qu’ils « aviseront » avant de donner des consignes à leurs militants. Alain Nogbou, président du COJEP, a poursuivi sur celle lancée avant d’affirmer que « nous sommes déterminés à aller jusqu’au bout. Et si ce gouvernement persiste dans l’illégalité, nous serons obligés de tenter un passage en force » a t-il réagi.

Pourtant ce mercredi 14 février, lors de la conférence de presse accordée aux journalistes, à la Primature, Amadou Gon Coulibaly, Premier ministre, ministre du Budget et du Portefeuille de l’État, avait déclaré, que « la composition actuelle de la CEI, est l’aboutissement d’une concertation intégrée entre les partis politiques de Côte d’Ivoire, sous la supervision du NDI, (National Democratic Institute) ». Une affirmation que récuse Ouattara Gnonzié, président du Rassemblement pour la Paix, le Progrès et le Partage (RPP), car selon lui « il ya eu concertation sur la composition de la CEI, mais aucun consensus n’a été trouvé entre les parties. Nous avons discuté sans jamais parvenir à un véritable accord » a t-il révélé.

Pendant que se tenait la rencontre des partis politiques ‘opposition avec les journalistes, le camp Sangaré, une autre faction du FPI, animait une conférence de presse. Des sorties médiatiques, qui en disent long, sur le climat sociopolitique qui pourrait prévaloir, lors des prochaines élections locales en Côte d’Ivoire. Mais aussi sur la cohésion au sein de cette opposition ivoirienne.

Éric Coulibaly
Source : Rédaction Poleafrique.info

Comments are closed.