La dernière lettre du jeune résistant communiste Guy Môquet, assasiné à 17 ans par les nazis en 1941.

La lettre de Guy Mocquet :

Ma petite maman chérie, mon tout petit frère adoré, mon petit papa aimé,

Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c'est
d'être courageuse. Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui sont passés avant
moi. Certes, j'aurais voulu vivre.

Mais ce que je souhaite de tout mon coeur, c'est que ma mort serve à quelque chose.
Je n'ai pas eu le temps d'embrasser Jean. J'ai embrassé mes deux frères Roger et Rino.
Quant au véritable je ne peux le faire hélas !

J'espère que toutes mes affaires te seront renvoyées elles pourront servir à
Serge, qui je l'escompte sera fier de les porter un jour.

A toi petit papa, si je t'ai fait ainsi qu'à ma petite maman, bien des peines,
je te salue une dernière fois.

Sache que j'ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m'as tracée.
Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j'aime beaucoup.
Qu'il étudie bien pour être plus tard un homme.

17 ans 1/2, ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous
quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michel.

Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes,
c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine.

Je ne peux en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge,
papa, en vous embrassant de tout mon coeur d'enfant.
Courage !  Votre Guy qui vous aime.

Guy.

Dernières pensées :
Vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir !".

Fin de la lettre.

2007 :  Contrefaçon mémorielle ou l'instrumentalisation de la douleur par Nicolas Sarkozy.
Nicolas Sarkozy, tendance extrême droite, opposant aux idées communistes et sociales depuis toujours et donc aux idées de Guy Moquet, utilisera sans scrupules le nom de l'adolescent fusillé à des fins de récupérations politiciennes et ira jusqu'à contraindre les écoles Françaises à la lecture de la lettre de Guy à ses parents aux écoliers, lecture omettant le fait que Guy Môquet était communiste et serait donc aujourd'hui totalement opposé aux idées que peut propager Nicolas Sarkozy.

Scandalisés, nombre d'enseignants refuseront de lire cette lettre à leurs élèves.

Odette Nilès petite amie de Guy Môquet à l'époque, actuellement présidente de l'Amicale de Châteaubriant Interviewée par Libé-Labo - Journal libération - en octobre 2007 a déclaré que la lecture tous azimuts de la lettre de Guy, c'est "dévaloriser la valeur de ce qu'était Guy Môquet" et que celui-ci "serait fou de voir tout ce que l'on peut faire en se servant de son nom".

Odette Nilès a connu Guy Môquet en détention au camp de Chateaubriant en 1941. Ils se sont plu et s'étaient promis de se «rouler un patin». Elle rappelle l'engagement et les valeurs portées par la Résistance et trouve "débile"
de lire la lettre de Guy Môquet dans les vestiaires de l'équipe de France de rugby.

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